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L'identification à l'ego engendre la souffrance

Mis à jour : 11 avr. 2018



Nous avons défini l'ego comme la représentation que notre conscience se crée d'elle-même lorsqu'elle se vit comme séparée du reste de la création. L'ego, ou le moi, est donc une perception de soi limitée au corps comme différent des autres et qui enferme le sujet dans son propre fonctionnement : on est identifié à son ego = on est certain d'être la représentation, l'image que l'on se crée de nous mêmes, que notre famille nous a conduit à créer de nous-mêmes, nous croyons être comme «ceci» et pas comme «cela», on croit être une entité permanente, qui existera toujours.


Or ce n'est pas le cas. Certaines traditions disent par contre que l'âme est immortelle.

Selon Paul Degryse*, les chamanes toltèques parlent du tonal comme étant la conscience que l'on a le plus souvent vous et moi, d'être « Ava » ou « Charlotte ». L'âme ou le « véhicule de lumière » est la partie immortelle, composée de la substance qui compose l'univers, que j'appelle l'amour. Ils parlent de ce grand tout en l'appelant le nagual, immensité dans laquelle on peut faire des voyages chamaniques pour trouver des réponses sur les raisons de son incarnation par exemple, où l'on peut rencontrer des esprits et être guéris par leur énergie ou l'énergie de ces «autres lieux». (*https://www.youtube.com/watch?v=JsI1MYBOMso)

L'ego, je me le représente comme une image de moi crée, figée, diminuée, en noir et blanc qui nous recouvre et qui nous empêche de réaliser que nous sommes plus que cela. C'est une couche qui filtre mes interactions avec l'environnement. La couche qui est dessous, l'âme, je me la représente en doré, comme une couche mouvante et pleine d'étincelles. Lorsqu'on est connecté à son âme, par le coeur, on s'écoute et on se sent bien.


Mais la question à laquelle je vais essayer de répondre aujourd'hui est : en quoi l'identification à l'ego engendre de la souffrance ?


La conscience egotique ne nous permet pas d'écouter les appels de notre âme.

Il nous empêche d'oser prendre notre place, de vivre notre légende personnelle, il nous maintient dans des mécanismes de contrôle qui oppriment notre âme, il nous fait perdre toute notre énergie en ruminations incessantes (contrôle), nous fait réagir de manière négative face aux remarques des autres. L'ego nous fait nous comporter de manière orgueilleuse, crée de la colère, de l'avarice, des tentatives de manipulation par la séduction (luxure), nous fait devenir envieux des autres (car nous n'osons pas prendre notre place), nous rend paresseux (il nous empêche de croire que nous pouvons y arriver), et gourmands (que ce soit de nourriture ou de Netflix, on se remplit de plaisir à court terme qui nous maintient souvent dans une vie qui ne nous correspond pas).


Au contraire, lorsque le filtre de l'ego est dépassé, que l'on s'écoute et que l'on est en accord avec son coeur et son âme, on va alors développer ce qu'on appelle des vertus. En amour avec nous-mêmes, on sera en amour avec les autres. L'ego étant remis à sa place, on peut humblement prendre la nôtre et vivre notre légende personnelle. La patience et la compassion remplacent la colère, l'avarice fait place à la générosité et la séduction (luxure) n'étant plus nécessaire, l'innocence prends place au sein des relations. Nous n'envions plus les autres mais nous sommes reconnaissants d'être ce que nous sommes. Engagés dans des actions motivées par le coeur, nous ne sommes plus entravés dans nos entreprises par un engluement dépressif, l'énergie a remplacé la paresse. Nous ne sommes plus gourmands, n'avalons plus compulsivement nourriture, drogues, séries ou vêtements mais nous sommes modérés, la paix étant notre nourriture spirituelle, nous avons développé cette vertu cardinale qu'est la tempérance.


Mais pour atteindre cela, il faut prendre conscience de son ego ! Et ce n'est – vraiment – pas une mince affaire.


Car l'ego nous empêche d'être amour :

  1. avec nous-mêmes

  2. dans notre relation aux autres

  3. concernant notre cadeau au monde (notre « travail »)

  4. dans notre relation au Grand tout

1. L'ego nous empêche d'être amour avec nous-mêmes

L'ego nous empêche d'écouter les désirs de notre âme. Cette représentation de nous-même limitée à notre corps nous empêche d'écoute les murmures qui viennent d'un au-delà de la raison. Notre, ego, conscience construite depuis notre naissance, n'est pas seulement une conscience liée au corps mais aussi l'ensemble des croyances que nous portons sur notre personne. Comme « je suis une rêveuse » ou « je suis incapable de faire quelque chose de mes dix doigts », « les autres sont méchants » ou encore « personne ne m'aime ». Ce sont des croyances que nous avons développées au fur à mesure de nos interactions avec l'environnement, nos parents, qui ont souvent tendance à nous « enfermer » dans nos croyances, dans ce qu'ils pensent de nous.


Ils assimilent notre comportement d'un moment à une personnalité immuable, oubliant que tout est changement puisque tout est énergie mouvante.

Ces pensées sur nous-même, ces croyances nous enferment dans un ego qui croit être immuable. «Je suis comme ça ». Nous sommes alors prisonniers de notre ego, et nous souffrons de ces limitations car notre âme aspire bien entendu à ce que nous nous rendions compte que nous ne sommes pas ces croyances, que nous sommes amour. C'est tout le chemin de la reconnexion à l'âme, le chemin de l'éveil à notre véritable nature.

Ainsi, l'ego est ce qui nous empêche d'être amour avec nous-mêmes.


Imaginons : je vais mal. Je suis dans un emploi qui ne me correspond pas et je perds toute mon énergie à essayer de travailler dans un environnement qui est délétère pour moi, peu importe les raisons. Mon âme me crie « Barres-toi d'ici !! », mais je suis incapable de l'écouter. Pourquoi ? Parce que l'ego me dit : « mais tu es folle, tu as fait toutes ces années d'études, et tes parents vont dire que tu n'es pas capable de tenir un rythme normal, que tu es trop sensible, et puis tu vas travailler où, et puis tu n'auras plus d'argent, et puis Jim va te quitter parce que tu ne serais plus une brillante avocate, etc. etc. »


Je suis en conflit avec moi-m'aime. Moi VS m'aime. Ego VS amour. Je SAIS, si j'écoute mon âme, que je ne suis pas heureuse, mon coeur est éteint. Mais mon ego me fait croire que si je ne suis pas l'image qu'il a construit de lui-même depuis toutes ces années, cette image de moi-même comme étant « la gentille fille parfaite et brillante », alors personne ne va m'aimer, car je serais « nulle ».

Animé par ces croyances, la part de nous qu'on nomme ego croit nous aider en utilisant le mental pour nous faire peur (car il a peur de ne pas être aimé!), mais irrémédiablement, un jour, on comprends que ce n'est qu'en écoutant son coeur que l'on peut être heureux. On peut continuer à écouter son ego mais l'on risque de vivre une vie sans bonheur, parce que sans amour.


Si, au contraire, je suis dans la conscience que je suis une énergie d'amour incarnée pour expérimenter et que je peux incarner qui je veux, alors je me libère de la pression de l'ego pour être simplement, être ce que je suis véritablement, laisser mon âme se dévoiler, et aller vers ce qui me fait vibrer.


Le chemin de l'éveil est justement cette prise de conscience que je ne suis pas l'ego, mais que je suis une âme incarnée qui peut choisir d'oeuvrer ici bas en étant simplement elle-même, qui s'aime et qui va faire ce qui la fait vibrer, qui va simplement «être ».

Lorsqu'on réalise qu'on est l'amour, et que l'on s'aime profondément, l'ego n'a plus de raison d'être. Nous n'avons plus besoin de cette couche que l'on s'est construite pour se rassurer. Je n'ai plus besoin de réussir tout ce que j'entreprends pour avoir de l'amour pour moi-même, mon amour est inconditionnel, je m'aime dans tous mes états.


L'ego, qui me maintenait dans la peur, peur qui paralysait mon flux créateur, si l'on prend conscience qu'il agit à notre insu, commande nos actions, on peut le remettre à sa place, le calmer et laisser l'âme reprendre les commandes de notre vie. Notre vie sera alors bien plus heureuse car en accord avec nos désirs profonds, et surtout, nous ne vivrons plus dans la peur.


2. L'ego nous empêche d'être amour dans notre relation aux autres

Notre ego, c'est donc la représentation que l'on se fait de nous-même et qui est composée de toute les croyances que l'on a sur nous justement. L'ego, c'est comme une couche protectrice que l'on a construite au fil des années.

En effet, même si nous sommes tous composés d'énergie d'amour, notre âme, qui évolue dans ce monde depuis notre naissance et qui a évolué dans d'autres mondes, d'autres temps avant, a expérimenté déjà beaucoup de choses et pas seulement de l'amour. En effet, lorsqu'on s'incarne, on fait l'expérience de la dualité, de la non-acceptation de nos expériences non-amour, et nous sommes blessés.


Ce n'est pas parce que l'on est relié à notre âme que l'on ne souffre pas. C'est lorsqu'on est relié à notre âme et que l'on accepte toutes les expériences qu'elle vit comme des expériences à vivre, que nous sommes dans l'amour, et que l'on ne souffre plus. Lorsqu'on est désidentifié de son ego, on continue à expérimenter, à avoir des émotions, mais elles sont accueillies, acceptées avec amour, et donc sans souffrance. Il vaut mieux une âme blessée qui voit ses blessures et qui les aime, qu'une âme blessée qui est oppressée par un ego qui, en voulant la protéger, la fait en réalité souffrir.


Lise Bourbeau a écrit un ouvrage très intéressant, que je vous recommande, intitulé « les 5 blessures qui empêchent d'être soi-même ». Elle y explique qu'il existe 5 blessures d'âme : le rejet, l'abandon, l'humiliation, la trahison et l'injustice.


En tant que personne, lorsqu'une de nos blessure est activée, on va porter un masque : c'est notre ego qui, voulant nous protéger, va adopter un comportement pour éviter que notre âme ressente la douleur de la blessure.

  1. Celui qui se sent rejeté va fuir

  2. celui qui se sent abandonné va devenir dépendant

  3. celui qui ressent de l'injustice va développer une attitude rigide

  4. celui qui se sent trahit va vouloir tout contrôler

  5. et celui qui se sent humilié va porter son masque du masochiste (ces notions seront développées ultérieurement).

Tout pour ne pas ressentir la souffrance.

Le problème, c'est que l'ego, en faisant ça, crée encore plus de souffrance. Il croit que le masque va lui éviter de souffrir, mais c'est l'inverse.


Lise Bourbeau explique, et c'est là que je veux en venir, que la seule manière de guérir, c'est d'accepter ses blessures. Reconnaître quand notre âme se sent rejetée, ne pas fuir, mais verbaliser et ressentir cette douleur qui, si elle est entourée d'amour, nous permet simplement de prendre conscience de notre blessure pour ne plus attirer à nouveau (loi de l'attraction) d'autres situations qui nous feraient revivre l'activation de la blessure, le but étant qu'on en prenne conscience pour ne plus la subir.

Notre ego nous fait donc souffrir, alors que l'amour guérit les blessures.


Mais en quoi cela est-il lié à notre relation à autrui ?


Eh bien, à chaque fois qu'un conflit éclate entre deux personnes, c'est que notre ego est en train de prendre les rennes. En effet, si on laisse notre âme à nu, on peut simplement verbaliser, par exemple, que ce que la personne nous dit nous blesse. Mais si nous n'avons pas conscience que notre ego est une construction, que nous ne sommes pas notre ego, alors il a le pouvoir de nous faire croire qu'il ne faut pas être vulnérable sinon on souffre (=exemple de croyance liée à notre éducation), on met notre masque et on va réagir.


La réactivité est un concept également bouddhiste. La réactivité, c'est l'inverse de l'accueil de l'émotion, de l'acceptation du fait que l'on souffre. La réactivité, c'est la lutte contre ce qui « est ».

La réactivité est donc vaine, bien entendu, mais on croit qu'on va moins souffrir en n'acceptant pas la souffrance, en se faisant croire que « non, non, je ne suis pas du tout blessé mais toi tu dis n'importe quoi !! ».


Notre réaction, qui est non amour, nous fait souffrir.

Ainsi, c'est en apprenant à se désidentifier de son ego que nous pouvons entrer dans des relations qui nous épanouissent. C'est seulement en acceptant nos blessures que nous pouvons nous reconnecter à notre âme.


3. L'ego nous empêche d'être amour concernant notre cadeau au monde (notre « travail »)

L'ego, pour toutes les raison que nous avons évoquées jusqu'ici, nous empêche également souvent d'offrir notre cadeau au monde.

Pas chez tout le monde, évidemment. Certains ont un ego qui est bien mis à sa place, ils n'ont pas forcément une conscience très élevée mais ils ont un amour pour eux-mêmes déjà bien établi. Leur âme est très peu blessée, c'est pourquoi l'ego n'a pas besoin de réagir, de former des carapaces très importantes.

D'autres personnes, blessées, ont construit un ego qui les protège tellement qu'ils n'arrivent pas à offrir leur cadeau au monde.


Persuadés (par leur ego) qu'ils ne vont pas arriver à réaliser leur légende personnelle, ils s'insèrent dans d'autres activités que ce à quoi leur âme aspire, espérant obtenir une reconnaissance sociale qui viendrait réparer les blessures de cette dernière, boucher les trous noirs de notre lumière dorée. Et tout cela se fait, la plupart du temps, inconsciemment.

Prenons un exemple : imaginons que je souhaite ouvrir un cabinet de thérapie alternative. C'est le souhait de mon âme : chaque fois que je vois une conférence sur une telle technique, mon coeur bat, je me vois la pratiquer, je me dis « ça doit être tellement génial de faire ça » etc. Mon âme me montre cette direction.


Le problème, c'est que la représentation que je me crée de moi-même, mon ego, est tellement petite et faible que je ne m'en sens pas capable.

Et c'est dans ces moments qu'il faut se poser la question : est-ce que je souhaite VIVRE ou seulement survivre ? Est-ce que de faire quelque chose qui n'est pas en accord avec mon âme me convient ? Ou pas ?


Oser VIVRE demande du courage. Mais est-ce vraiment plus difficile d'essayer de vivre sa légende personnelle que de vivre une vie qui nous ennuie? Je ne sais pas.....


Et cette question "vivre ou survivre?" devient de plus en plus urgente. Actuellement, dans notre société, un nombre impressionnant de personnes se la posent : est-ce que ce que je fais au quotidien à du sens ? Est-ce que je suis en train de vivre ma légende personnelle ? Comment savoir quelle est ma légende personnelle ? (Ces questionnements sont les symptômes de l'éveil).

Eh bien, se désidientifier de son ego pour apprendre à écouter son âme est la première étape. Commencer à marcher sur le chemin, non plus à tâtons dans l'obscurité mais guidé par son intuition, c'est ça qu'il faut faire.


C'est difficile au début, car on est parfois tellement embrumés qu'on ne sait plus quelle voix est celle de notre ego, et quelle voix est celle de notre âme !


C'est simplement en pratiquant (nous verrons comment dans l'article suivant), en s'accrochant, en allant vers les autres, en cherchant, en essayant, en expérimentant, que nous allons, petit à petit, nous reconnecter, et enfin….


Vivre notre vie et l'aimer.


4. L'ego nous empêche d'être amour dans notre relation au Grand Tout

Finalement, vous l'aurez compris, l'ego nous empêche d'être en relation avec Dieu, avec cette énergie d'amour intelligente qui nous compose et qui nous guide. Notre âme est cette lumière, cette énergie, une partie de cette énergie qui est en toute chose et qui se reforme à chaque vie, en un corps, le nôtre.

Ce corps lumineux, ou corps glorieux comme l'appellent les chrétiens, existe au sein du corps physique, compose le corps physique. On peut, comme un peu près tout, les distinguer mais ils sont aussi les mêmes (je reviendrai sur les différents corps qui nous composent).


La meilleure manière d'écouter Dieu, est donc, de mon point de vue, d'écouter son corps. Il nous dit tout. C'est pour cela que la méditation de pleine conscience est si importante. Etre relié à son corps, c'est être relié à son âme (et "l'esprit est la fine pointe de l'âme" ! selon Sainte Thérèse D'avila). Quand une émotion vient, c'est un message de notre âme "j'ai mal ici". "J'ai peur". C'est lui aussi qui me dit "j'ai envie de ça".

Mais l'ego, cette représentation que la conscience se crée d'elle-même lorsqu'elle se vit comme distincte du Grand Tout, nous empêche d'écouter. Quand on est dans cette conscience limitée, c'est parce que l'on a peur, et la peur appelant la peur, nous essayons de tout contrôler en réfléchissant, au lieu d'écouter le corps et l'âme. C'est un cercle vicieux. On se maintient dans nos croyances sur le monde, et on est extrêmement perturbé lorsque ces croyances sont bousculées par une expérience spirituelle qui vient mettre en question notre construction du monde. C'est ce qu'on appelle parfois la rigidité psychologique. Il s'agit alors d'assouplir tout cela, ce qui revient à remettre l'ego à sa juste place et à écouter son âme. Faire taire l'ego permet aussi de ressentir une paix qui permet de communiquer avec l'intelligence du monde et avec le monde spirituel.


C'est un travail au quotidien. Toutes les situations, toutes les relations, tous les conflits, tous les choix à faire sont des opportunités de se rapprocher de son âme, d'écouter l'amour en soi, pour créer une vie heureuse, en amour avec vous-même, avec les autres, avec Dieu, et qui vous permette d'offrir votre cadeau au monde.


Avec amour,


Ava en Vie



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